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Intervention de Mme. Jessica Faieta, Coordonnateur Résident ad interim et Directrice Principale du PNUD, 30 Mars 2012, bureaux de la Banque mondiale, Port-au-Prince, Haiti
Bonjour à toutes et à tous.
Huit mois se sont écoulés depuis la dernière réunion du Comité de Pilotage du FRH, tenue le 22 juillet 2011. Huit mois pendant lesquels un nombre de projets financés par le FRH ont été lancés avec l’appui des Nations Unies, alors que d’autres ont gagné de la vitesse et ont produit des résultats considérables. Nous avions quatre projets actifs en Juillet 2011 – nous en avons dix aujourd’hui.
Le Secrétariat du Fonds vous a fait parvenir les rapports de progrès individuels pour les dix projets que nous appuyons. Nous avons aussi distribué un tableau synthétique, qui vous permettra d’identifier rapidement l’état d’avancement de chacun. De manière globale, nous sommes satisfaits de l’évolution des différents projets. Aujourd’hui, plutôt que de revenir sur chaque cas individuel, je voudrais surtout attirer votre attention sur un ensemble d’éléments qui vous permettront d’apprécier notre performance collective.
Premièrement, j’aimerais rappeler un point qui a été soulevé par Nigel Fisher lors de la dernière réunion du FRH. Nigel observait que, traditionnellement, les premiers six mois d’un projet impliquent des activités préparatoires essentielles, mais qui ne dépendent pas de déboursements financiers significatifs (tels que recrutement d’experts, les négociations d’accords avec contreparties ou la préparation des passations de marché). En ce sens, à l’époque nous avions anticipé une accélération des taux de déboursements des projets FRH à fur et à mesure que les projets avançaient dans leur mise en œuvre.
Cette accélération a réellement eu lieu. D’un taux de déboursement de 14% (sur 4 projets) lors de la dernière réunion, nous sommes aujourd’hui à un taux de presque 50% (pour les 10 projets). Ceci est d’autant plus encourageant si l’on considère que les quatre projets ayant près d’un an de mise en œuvre sont à 75% (contre 30% en moyenne pour les autres six), ce qui confirme la tendance à l’accélération des déboursements pendant le cycle du projet.
Nous pouvons donc attendre un phénomène similaire avec les projets plus récents, tel que le projet 16/6 (avec un taux actuel de 17%), dont les activités de réhabilitation des quartiers s’intensifieront dans les prochains mois ; ou même dans le cas du projet de production laitière du Ministère de l’Agriculture avec l’appui de la FAO, qui a débuté seulement en Décembre 2011.
Mais le temps de mise en œuvre n’explique évidemment pas tout. La nature et le niveau de complexité des projets doivent aussi être considérés. En particulier, des projets ayant comme but principal le renforcement d’institutions publiques sont directement affectés par la période prolongée de transition politique que traverse Haiti. C’est le cas par exemple des projets de renforcement des capacités gouvernementales pour la prévention des séismes dans le Nord (8% déboursés) et pour la reconstruction des logements (16%).
Nous considérons comme fondamental ce temps additionnel investi pour assurer l’appropriation et le réel leadership des acteurs nationaux, sans perdre de vue le chronogramme de mise en œuvre. L’expérience avec les projets plus anciens, tels que Débris I ou ceux dans le Sud, démontrent que ce travail préparatoire solide assurera certainement des résultats meilleurs et plus durables.
Je souhaite insister sur ce point. Car lors des derniers mois, au-delà des avancées en termes de déboursements financiers, nous avons fait des progrès importants dans l’appropriation nationale et pour le renforcement des capacités publiques :
- Premièrement, il faut rappeler que quatre de nos dix programmes ont pour objectif principal le renforcement des institutions publiques;
- En moyenne, environ 1/3 des ressources du FRH que nous administrons passent par les institutions gouvernementales – nationales ou locales. Nous faisons un effort similaire pour engager de préférence les compagnies et ONGs locales comme partenaires de mise en œuvre;
- L’engagement gouvernemental est fort sur tous les dix projets. Dans certains cas, comme le projet 16/6 ou le projet de production laitière nous avons réussi à insérer totalement les équipes de projet au sein des structures nationales. Il est important que les contreparties nationales non seulement participent activement au processus, mais puissent aussi exercer leurs leadership conceptuel et opérationnel ;
- Nous somme aussi très satisfaits du rôle des autorités locales dans les deux projets que nous appuyons dans les départements du Sud. Dans le cas de l’initiative Cote Sud, appuyée par le PNUE et l’UNOPS, les autorités de 18 communes ont souhaité intégrer l’initiative, alors que notre expectative initiale était de couvrir 10 communes.
Tout en faisant cette observation sur l’importance du renforcement des capacités sur tous les projets, nous restons conscients que c’est en fonction des résultats concrets de nos programmes sur la vie de la population Haïtienne que le travail du FRH et de ses membres sera jugé. En ce sens, je suis heureuse de constater que des résultats considérables et tangibles ont été achevés lors des derniers mois.Au bout de la ligne, à travers les projets que nous appuyons, plus de 9.000 emplois temporaires ont été créés – 35% pour les femmes, plus de 2.700 familles ont pu quitter les camps et environ 360.000 mètres cubes de débris ont été enlevés, dont 20% ont été recyclés. Haïti est aussi mieux préparé pour affronter les désastres naturels, grâce à 430 mètres linéaires de canaux de drainage construits, 30 mille mètres linéaires curés, et l’identification avec la DPC d’abris d’urgence autour du pays. Des outils essentiels pour la reconstruction ont été développés, avec, notamment, le transfert de la base de données pour l’inventaire des bâtiments et de l’information géo-spatiale à l’Institut haïtien de statistique et d’information.
Il est important que la population Haïtienne ne sente pas que le momentum de la reconstruction est déjà épuisé. Pour cela, nous devons continuer de démontrer des résultats concrets, en même temps que des actions de renforcement des capacités gouvernementales sont mises en œuvre. Comptez sur notre engagement pour continuer à travailler avec le Gouvernement afin que les résultats se multiplient, notamment à travers l’accélération de la mise en œuvre des programmes approuvés plus récemment par le Fonds.
Merci beaucoup.